Beth — 𐤁

Deuxième lettre de l’alphabet phénicien

Architecte phénicien consultant un plan de maison sur un chantier antique

Avant le B, il y avait Beth.

𐤁 est la deuxième des vingt-deux lettres de l’alphabet phénicien. Son nom, Beth, signifie maison.

Derrière cette forme devenue abstraite se trouve une image beaucoup plus ancienne : celle d’un espace construit, représenté schématiquement comme le plan d’une maison.

De la maison à la lettre

Beth appartient, comme Aleph, à une histoire de l’écriture qui commence avant l’alphabet phénicien.

Dans les premiers systèmes alphabétiques du Proche-Orient, plusieurs signes sont associés à des mots du vocabulaire courant. Pour Beth, ce mot signifie maison, et les formes anciennes du signe ont été interprétées comme des représentations schématiques de son plan.

Selon le principe acrophonique, le signe prend la valeur du premier son du mot qu’il représente.

Pour Beth, cette valeur est B.

Avec le temps, la représentation se transforme et devient le signe phénicien 𐤁.

Une maison est devenue un signe d’écriture.

De Beth à Beta

À partir du Ier millénaire av. J.-C., l’alphabet phénicien est attesté sur différentes rives de la Méditerranée.

Lorsque les Grecs adaptent cet alphabet à leur propre langue, ils reprennent également le nom et la place de plusieurs lettres.

Beth devient Beta — Β.

Contrairement à Aleph, dont la fonction phonétique change en grec, Beta conserve une valeur consonantique liée au son B.

Le nom de la lettre évolue, mais sa place dans l’ordre alphabétique demeure : elle reste la deuxième lettre, après Alpha.

La lettre est ensuite transmise et transformée dans les alphabets italiques puis dans l’alphabet latin.

De cette longue histoire descend notre B.

𐤁 → Β → B

Trois formes appartenant à des langues et à des époques différentes, mais inscrites dans une même histoire de transmission de l’écriture.

Évolution de Beth, du plan de maison au signe phénicien puis à la lettre B

Beth et Byblos

À Byblos, l’idée de maison renvoie aux premières formes d’habitat mises au jour sur le site archéologique.

Les fouilles ont révélé les traces de structures anciennes, parfois circulaires puis rectangulaires, appartenant aux premières communautés installées durablement sur le promontoire.

Bien avant les temples, les fortifications et les monuments qui marqueront le paysage de la cité, Byblos était déjà un lieu où l’on construisait et où l’on habitait.

Beth permet ainsi de faire dialoguer deux histoires très anciennes :

celle de l’écriture et celle d’habiter.

De la maison au B latin, Beth raconte la transformation d’une forme concrète en signe d’écriture, puis sa transmission d’un alphabet à l’autre.


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